Prochaine réunion de la BCE : calendrier 2026 et dernière décision de taux

Sommaire
La prochaine réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne se tient les 28 et 29 octobre 2026, à Francfort, et la décision sera annoncée le jeudi 29 octobre à 14h15 (heure de Paris). Lors de sa dernière réunion, le 10 septembre 2026, le Conseil des gouverneurs a relevé ses trois taux directeurs de 25 points de base.
Les décisions de la BCE ont un effet direct sur les crédits immobiliers, le coût du crédit aux entreprises, les rendements obligataires et la valorisation des marchés actions européens. C'est pourquoi le calendrier de ses réunions figure parmi les rendez-vous macroéconomiques les plus suivis par les investisseurs.
| Élément | Information |
|---|---|
| Prochaine réunion de politique monétaire | 28 et 29 octobre 2026, à Francfort |
| Heure de la décision | Jeudi 29 octobre, 14h15 (heure de Paris) |
| Conférence de presse | 14h45, le second jour de la réunion |
| Taux de la facilité de dépôt | 2,50 % depuis le 16 septembre 2026 |
| Taux de refinancement (MRO) | 2,65 % |
| Taux de la facilité de prêt marginal | 2,90 % |
| Dernière décision | 10 septembre 2026 : hausse de 25 points de base |
| Inflation en zone euro | 3,3 % en août 2026, après 2,9 % en juillet |
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Prochaine réunion de la BCE : le 29 octobre 2026 à Francfort
Le prochain rendez-vous est fixé aux 28 et 29 octobre 2026, à Francfort, après la parenthèse berlinoise de septembre. C'est une réunion « simple » au sens de la BCE : elle n'est pas accompagnée des projections macroéconomiques de l'Eurosystème, réservées aux réunions de mars, juin, septembre et décembre. Le prochain jeu de prévisions ne tombera donc qu'en décembre.
Cette absence de projections change la nature de l'exercice. Faute de nouvelles trajectoires d'inflation et de croissance à trois ans, le Conseil des gouverneurs se prononcera surtout sur les données publiées depuis septembre : l'inflation de septembre et d'octobre, la dynamique des salaires et la trajectoire des prix de l'énergie. Les réunions sans projections débouchent plus souvent sur un statu quo, mais la BCE a rappelé le 10 septembre qu'elle ne s'engage sur aucune trajectoire de taux.
Le déroulé est invariable : annonce de la décision à 14h15 (heure de Paris) le second jour, communiqué détaillant les trois taux directeurs, puis conférence de presse de la présidente à 14h45. Les comptes rendus de la réunion sont publiés quelques semaines plus tard et permettent de mesurer le degré de désaccord au sein du Conseil.
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Calendrier des réunions de la BCE en 2026 et 2027
Voici le calendrier officiel des réunions de politique monétaire, tel que publié par la BCE, avec la décision prise à chacune d'elles. Les réunions non consacrées à la politique monétaire, qui traitent de supervision bancaire et de sujets administratifs, ne figurent pas dans cette liste.
| Réunion | Dates | Lieu | Décision |
|---|---|---|---|
| Février 2026 | 4 et 5 février | Francfort | Taux inchangés |
| Mars 2026 | 18 et 19 mars | Francfort | Taux inchangés |
| Avril 2026 | 29 et 30 avril | Francfort | Taux inchangés |
| Juin 2026 | 10 et 11 juin | Francfort | +25 pdb (dépôt à 2,25 %) |
| Juillet 2026 | 22 et 23 juillet | Francfort | Taux inchangés |
| Septembre 2026 | 9 et 10 septembre | Berlin | +25 pdb (dépôt à 2,50 %) |
| Octobre 2026 | 28 et 29 octobre | Francfort | À venir |
| Décembre 2026 | 16 et 17 décembre | Francfort | À venir (avec projections) |
L'année 2027 est désormais intégralement publiée : 3 et 4 février, 17 et 18 mars, 28 et 29 avril, 9 et 10 juin, 21 et 22 juillet, 8 et 9 septembre, 27 et 28 octobre, puis 15 et 16 décembre. Les réunions accompagnées de projections restent celles de mars, juin, septembre et décembre.
Si vous souhaitez rester informé des mouvements de la politique monétaire, consultez la date de la prochaine réunion de la FED : l'écart de taux entre les deux zones est l'un des principaux moteurs du change euro-dollar.
Réunion du 10 septembre 2026 : la BCE relève ses taux de 25 points de base
Le Conseil des gouverneurs a décidé le 10 septembre, à Berlin, de relever ses trois taux directeurs de 25 points de base. La facilité de dépôt passe donc à 2,50 %, le taux de refinancement à 2,65 % et la facilité de prêt marginal à 2,90 %, avec effet au 16 septembre 2026.
C'est le deuxième tour de vis de l'année, après celui de juin, et il tranche avec la pause de juillet. Le motif est explicite dans le communiqué : le conflit au Moyen-Orient continue d'alimenter les tensions sur l'inflation, qui devrait rester « largement supérieure à l'objectif pendant une période prolongée ». Autrement dit, ce que la BCE espérait traiter en juillet comme un choc externe absorbable s'est installé.
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Ce que montrent les chiffres d'inflation d'août
Les données publiées avant la réunion expliquent largement le durcissement. L'inflation en zone euro est remontée à 3,3 % en août, après 2,9 % en juillet, et c'est l'énergie qui porte l'essentiel du mouvement.
- Énergie : 14,3 % en août, après 10,3 % en juillet. La BCE attribue cette accélération à un net accroissement des marges de raffinage sur les carburants liquides et au renchérissement des matières premières énergétiques.
- Services : 3,0 %, après 3,3 %. C'est la composante que la BCE surveille le plus, et elle continue de refluer.
- Biens industriels non énergétiques : 1,2 %, après 0,9 %. Premier signe tangible de diffusion du choc énergétique aux biens.
- Produits alimentaires, alcool et tabac : 1,2 %, stable par rapport à juillet.
- Inflation sous-jacente, hors énergie et alimentation : 2,4 %, après 2,5 %.
Le tableau est donc contrasté, et c'est ce qui rend la décision intéressante : l'inflation sous-jacente et les services reculent, mais l'énergie et les biens accélèrent. La BCE a choisi de traiter ce second signal comme le plus important.
Pourquoi la BCE a choisi de resserrer
L'argument central tient en une phrase : la hausse des prix de l'énergie commence à se diffuser aux autres prix. La progression des biens industriels, de 0,9 % à 1,2 %, est précisément l'effet indirect que la BCE disait surveiller depuis juin. Elle n'attend plus de confirmation supplémentaire.
Les salaires, eux, restent sages — et c'est ce qui explique que le mouvement se limite à 25 points de base. La rémunération par tête a crû de 3,3 % au deuxième trimestre, contre 3,5 % au premier. Le renforcement de la productivité a ramené la progression des coûts unitaires de main-d'œuvre à 2,6 %, après 3,5 %. L'outil de suivi de la BCE signale une hausse des salaires négociés de 2,7 % au premier semestre 2027 : une légère accélération, pas une spirale.
Un point passe souvent inaperçu et mérite d'être signalé : la croissance des bénéfices unitaires s'est accélérée, de 0,3 % à 2,2 %. Ce sont les marges des entreprises, et non les salaires, qui absorbent et répercutent aujourd'hui le choc énergétique. C'est un canal de second tour que la BCE suit de près.
Enfin, les conditions financières se durcissaient déjà. Les taux débiteurs appliqués aux entreprises sont passés à 3,8 % en juin et juillet, après 3,6 % en mai, et le coût du financement de marché par endettement s'établit à 4,0 %. Les taux hypothécaires, eux, sont restés stables à 3,5 %.
Les nouvelles projections de l'Eurosystème
Septembre étant une réunion à projections, la BCE a livré des trajectoires révisées qui éclairent sa décision mieux que le communiqué lui-même.
| Indicateur | 2026 | 2027 | 2028 |
|---|---|---|---|
| Inflation totale | 3,0 % | 2,5 % | 2,1 % |
| Inflation hors énergie et alimentation | 2,5 % | 2,6 % | 2,3 % |
| Croissance du PIB | 0,9 % | 1,4 % | 1,5 % |
Deux lectures s'imposent. D'abord, la projection d'inflation 2027 et 2028 a été révisée à la hausse par rapport au scénario de juin, alors que celle de 2026 est restée inchangée : c'est le report du choc énergétique sur les années suivantes qui a motivé la hausse de taux. Ensuite, l'inflation sous-jacente projetée pour 2027 (2,6 %) est supérieure à celle de 2026 (2,5 %) — la BCE anticipe explicitement que le choc énergétique se diffuse au cœur de l'indice avant de refluer en 2028.
Côté croissance, la révision est haussière pour 2026 et 2027, la BCE constatant une « capacité de résistance plus forte que prévu » de l'économie de la zone euro. Le chômage s'est stabilisé à 6,4 % en juillet. Cette résilience a rendu la hausse de taux plus facile à assumer.
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Ce que la BCE surveillera d'ici au 29 octobre
D'ici au 29 octobre, trois séries de données détermineront le ton du Conseil des gouverneurs.
- Les prix de l'énergie. C'est devenu le canal déterminant. La BCE signale un risque spécifique pour l'hiver : une hausse des prix du gaz en cas de nouvelles perturbations d'approvisionnement ou d'un hiver inhabituellement froid coïncidant avec de faibles niveaux de stocks. C'est le scénario qui justifierait un nouveau tour de vis en décembre.
- La diffusion aux biens et aux services. L'accélération des biens industriels de 0,9 % à 1,2 % est le signal que la BCE a retenu en septembre. S'il se confirme en octobre pendant que les services continuent de refluer, la banque centrale conclura que le choc se propage et restera restrictive.
- Les salaires et les marges. La rémunération par tête ralentit, mais les bénéfices unitaires accélèrent. Si les entreprises continuent de reconstituer leurs marges en répercutant l'énergie, les effets de second tour se matérialiseront par les prix plutôt que par les salaires.
Deux risques additionnels figurent explicitement dans l'évaluation de la BCE et sont rarement mentionnés. Les tensions commerciales pourraient fragmenter davantage les chaînes d'approvisionnement et réduire l'offre de matières premières critiques. Et les phénomènes météorologiques extrêmes, potentiellement aggravés par une intensification des conditions El Niño, pourraient pousser les prix alimentaires au-delà des prévisions.
Quelles conséquences pour vos placements
Obligations : la question de la duration
Pour un investisseur obligataire, l'environnement actuel remet la duration au centre. Les titres à longue échéance sont mécaniquement plus sensibles aux variations de taux : dans un contexte où les risques d'inflation restent orientés à la hausse et où la BCE vient d'enchaîner deux hausses en quatre mois, ils exposent davantage à une poursuite du resserrement.
À l'inverse, les obligations à courte échéance et les nouvelles émissions deviennent plus intéressantes lorsque les rendements se sont déjà ajustés au nouveau niveau des taux directeurs. Si le sujet vous est peu familier, notre guide sur le fonctionnement d'une obligation reprend les bases du lien entre taux et prix.
Actions européennes : gagnants et perdants
L'effet sur les actions est plus ambivalent qu'on ne le dit. Des taux élevés pèsent sur les valorisations, en particulier dans les secteurs les plus sensibles au coût du capital : croissance, technologie, immobilier coté, entreprises très endettées.
Mais ils profitent aux banques et aux sociétés financières tant que leurs marges d'intérêt restent élevées. Une hausse de taux n'est donc pas un signal de vente uniforme : elle redistribue la performance entre secteurs. En période d'incertitude monétaire, les valeurs défensives, moins sensibles au cycle, retrouvent naturellement de l'attrait. À noter que la BCE a relevé sa projection de croissance pour 2026 et 2027, ce qui soutient les bénéfices : la hausse de taux n'intervient pas dans un contexte de récession.
Crédit immobilier et épargne
Pour un emprunteur, ce qui compte n'est pas tant le niveau actuel que la direction. Le taux de refinancement à 2,65 % se répercute avec quelques mois de décalage sur les barèmes des banques. Les taux hypothécaires de la zone euro sont restés stables à 3,5 % en juin et juillet, ce qui signifie que ni la hausse de juin ni celle de septembre ne sont encore reflétées dans les offres de prêt. L'ajustement est devant nous, pas derrière.
Côté épargne, le taux de la facilité de dépôt à 2,50 % constitue le plancher de rémunération du cash pour les banques. Les comptes rémunérés et les fonds monétaires suivent cette référence de près, et la hausse de septembre améliore mécaniquement ce rendement avec quelques semaines de décalage. Les prix de l'énergie et du pétrole restent, dans ce contexte, la variable à surveiller pour anticiper la suite.
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Comment se déroule une réunion de la BCE
Le Conseil des gouverneurs tient deux types de réunions, et la confusion entre les deux est fréquente.
Les réunions de politique monétaire ont lieu toutes les six semaines environ, soit huit fois par an. C'est là que sont évaluées la situation économique et financière et arrêtées les décisions de taux. Elles s'étalent sur deux jours, avec l'annonce et la conférence de presse le second jour.
Les réunions non consacrées à la politique monétaire traitent de tout le reste : stabilité financière, questions administratives et organisationnelles de la BCE. Elles s'intercalent entre les précédentes, sans annonce de taux, selon le calendrier publié par la BCE. En 2026, la prochaine est fixée au 25 novembre, après celle du 30 septembre.
Qui décide ? Le Conseil des gouverneurs
Le Conseil des gouverneurs est l'organe décisionnel principal de la BCE en matière de politique monétaire. Il réunit deux catégories de membres.
- Le Directoire, composé de six membres : la présidente, Christine Lagarde, le vice-président, Boris Vujčić, et quatre autres membres. Tous sont nommés par les chefs d'État ou de gouvernement de la zone euro pour un mandat non renouvelable de huit ans.
- Les gouverneurs des banques centrales nationales des pays de la zone euro. Ils sont désormais 21, la Bulgarie ayant adopté l'euro le 1er janvier 2026.
Un point technique mérite d'être connu : depuis que la zone euro compte plus de dix-huit gouverneurs, les droits de vote font l'objet d'une rotation. Tous participent aux débats, mais tous ne votent pas à chaque réunion. Les six membres du Directoire, eux, disposent d'un droit de vote permanent.
Les trois taux directeurs de la BCE
On parle communément du « taux de la BCE » au singulier, mais l'institution en pilote trois. Les niveaux ci-dessous s'appliquent depuis le 16 septembre 2026.
- Le taux de la facilité de dépôt, à 2,50 %. C'est la rémunération que les banques perçoivent lorsqu'elles déposent des liquidités à la BCE au jour le jour. Depuis la réforme du cadre opérationnel, c'est le taux qui pilote effectivement l'orientation de la politique monétaire.
- Le taux de refinancement principal (MRO), à 2,65 %. C'est le taux auquel la BCE prête aux banques dans ses opérations hebdomadaires.
- Le taux de la facilité de prêt marginal (MLF), à 2,90 %. C'est le taux d'emprunt en dernier ressort, contre remise d'actifs éligibles.
L'écart entre ces trois taux n'est pas anodin, et il est resté inchangé après la hausse de septembre, les trois taux ayant bougé du même montant. Depuis septembre 2024, l'écart entre le MRO et la facilité de dépôt a été réduit à 15 points de base, tandis que celui entre la facilité de prêt marginal et le MRO reste à 25 points de base. Ce resserrement du corridor visait à rendre le pilotage des taux courts plus prévisible.
Le mandat qui justifie tout cet appareil est unique et étroit : maintenir la stabilité des prix dans la zone euro, définie comme une inflation de 2 % à moyen terme. C'est ce mandat qui a conduit à la remontée agressive des taux en 2022 et 2023 face à une inflation à deux chiffres, puis à la détente de 2024 et 2025, et de nouveau au resserrement de juin et septembre 2026.
En résumé, la prochaine réunion de la BCE aura lieu les 28 et 29 octobre 2026, avec la décision annoncée le jeudi à 14h15 mais sans projections révisées — le prochain jeu de prévisions tombera en décembre. Les taux sont à 2,50 %, 2,65 % et 2,90 % depuis le 16 septembre, et la hausse du 10 septembre s'explique par la remontée de l'inflation à 3,3 % et surtout par sa diffusion de l'énergie vers les biens.
Pour un investisseur, la bonne lecture n'est pas de parier sur la décision d'octobre — la BCE elle-même refuse de s'engager sur une trajectoire — mais d'en tirer les conséquences de portefeuille. Surveillez la diffusion de l'énergie aux biens et aux marges plus que les commentaires de marché, gardez la duration obligataire courte tant que le biais reste restrictif, et souvenez-vous qu'une hausse de taux redistribue la performance entre secteurs plutôt qu'elle ne la détruit.
Questions fréquentes sur les réunions de la BCE
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