logo RankiaFrance

Meilleurs ETF défense : comparatif pour investir dans l’industrie militaire

Six ETF UCITS donnent accès à la défense depuis la France. Le VanEck Defense domine par sa taille (6 145 M€) ; le BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense (GUARD) est le seul éligible au PEA, avec un TER de 0,23 %. Après +139 % sur 3 ans, le secteur recule de 10 % sur un mois.
Meilleurs ETF défense : comparatif et éligibilité PEA

Sommaire

Le verdict rapide, par profil d'investisseur :

  • Le plus gros et le plus liquide : VanEck Defense UCITS ETF (6 145 M€ d'encours, TER 0,55 %).
  • Le seul logeable en PEA : BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense, dit GUARD (TER 0,23 %).
  • Le mieux diversifié : iShares Global Aerospace & Defence, 79 positions et TER de 0,35 %.
  • Pour parier sur le réarmement européen : WisdomTree Europe Defence (4 361 M€, 100 % Europe).
  • Pour jouer la convergence défense–cybersécurité : HANetf Future of Defence (35 % de technologie).

Après avoir triplé de valeur en trois ans, le secteur de la défense traverse sa première vraie phase de consolidation : l'indice MarketVector Global Defense a perdu 10,7 % en un mois, pour un gain limité à 4,4 % sur douze mois.

Ce comparatif passe en revue les six ETF défense réellement accessibles depuis la France : leurs frais, leur exposition géographique et le point qui départage tout pour un épargnant français, l'éligibilité au PEA.

Comparatif des meilleurs ETF défense

Six ETF UCITS couvrent la thématique avec un encours suffisant pour être négociés sans difficulté. Le premier tableau compare leur coût, leur taille et leur enveloppe fiscale ; le second, leur comportement de marché.

ETF (ISIN)TEREncoursÉligible PEA
VanEck Defense UCITS ETF A (IE000YYE6WK5)0,55 %6 145 M€Non
WisdomTree Europe Defence (IE0002Y8CX98)0,40 %4 361 M€Non
HANetf Future of Defence (IE000OJ5TQP4)0,49 %2 786 M€Non
iShares Global Aerospace & Defence (IE000U9ODG19)0,35 %1 593 M€Non
Amundi Stoxx Europe Defense (LU3038520774)0,35 %549 M€Non
BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense (LU3047998896)0,23 %532 M€Oui
Encours des ETF défense en millions d'euros

Données justETF et fiches émetteurs au 8 septembre 2026 ; encours et performances évoluent chaque jour. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Le BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense (GUARD) se distingue du reste de la sélection par son éligibilité au PEA. Il est directement référencé chez BNP, où il peut être acheté sur Euronext Paris.

Découvrir GUARD avec BNP Paribas

Les 6 meilleurs ETF défense analysés un par un

Chaque fiche détaille l'indice répliqué, la composition réelle du portefeuille et le profil d'investisseur auquel le fonds correspond. Trois lignes de fracture les séparent : la zone géographique, la concentration et la technologie.

VanEck Defense (DFNS) : le plus gros ETF défense du marché

Le VanEck Defense UCITS ETF réplique le MarketVector Global Defense Industry Index, un panier mondial de sociétés d'armement et d'aérospatiale. Lancé le 31 mars 2023, domicilié en Irlande, il fonctionne en réplication physique complète et capitalise ses dividendes.

Caractéristiques de l'ETF 
📋 Nom du fonds / tickerVanEck Defense UCITS ETF A / DFNS
🔖 ISINIE000YYE6WK5
📈 Performance 1 an+4,38 %
💰 DistributionCapitalisant
💲 TER0,55 % par an
📉 Volatilité 1 an25,16 %
💼 Encours6 145 M€

Le portefeuille compte 45 lignes, dont un top 10 qui pèse 60,23 % : RTX (9,79 %), Palantir (7,63 %), Thales (7,32 %), Leonardo (6,86 %) et Elbit Systems (5,87 %) en tête. Les États-Unis représentent 48,77 % de l'exposition, la France 9,47 % et la Corée du Sud 8,87 %.

Performance du VanEck Defense UCITS ETF A (DFNS)

Sectoriellement, l'industrie pèse 83,36 % et la technologie seulement 5,29 %. C'est un fonds à bêta élevé, plus adapté à une poche satellite tactique qu'au cœur d'un portefeuille indexé de long terme. Sa taille en fait aussi le plus liquide du segment, avec un spread de 0,06 % sur gettex.

Le revers : avec 0,55 % par an, c'est le TER le plus élevé des six. Sur 10 000 € investis, cela représente 55 € de frais annuels contre 23 € pour le BNP Paribas Easy — un écart de 32 € par an qui se cumule année après année.

Accédez au plus gros ETF défense du comparatif

Le VanEck Defense UCITS ETF fait partie des ETF défense les plus négociés par les clients DEGIRO. Une option cohérente pour rechercher une exposition mondiale au secteur depuis un compte-titres.

WisdomTree Europe Defence (WDEF) : le pari sur le réarmement européen

Le WisdomTree Europe Defence UCITS ETF suit un indice de sociétés européennes de défense et d'aérospatiale, en excluant les fabricants d'armes interdites par les conventions internationales. Il a été lancé le 4 mars 2025 et capitalise ses revenus.

Caractéristiques de l'ETF 
📋 Nom du fonds / tickerWisdomTree Europe Defence UCITS ETF / WDEF
🔖 ISINIE0002Y8CX98
📈 Performance 1 an+3,92 %
💰 DistributionCapitalisant
💲 TER0,40 % par an
📉 Volatilité 1 an27,36 %
💼 Encours4 361 M€

En dix-huit mois d'existence, le fonds a rassemblé 4 361 M€, ce qui en fait le deuxième plus gros ETF défense d'Europe et confirme l'appétit des investisseurs pour le thème du réarmement. Il détient 41 lignes, avec un top 10 à 64,44 % : BAE Systems (10,34 %), Thales (9,94 %), Rheinmetall (9,07 %), Leonardo et Saab.

Performance du WisdomTree Europe Defence UCITS ETF (WDEF)

Géographiquement, le Royaume-Uni pèse 25,84 %, la France 22,18 % et l'Allemagne 20,28 %. C'est précisément cette part britannique qui l'écarte du PEA : le Royaume-Uni ne fait plus partie de l'Espace économique européen depuis le Brexit, et le seuil de 75 % de titres éligibles n'est donc pas atteint.

Sa volatilité sur un an atteint 27,36 %, la plus élevée du comparatif. Un investisseur qui souhaite lisser ce risque peut lui préférer un plan d'investissement programmé en DCA plutôt qu'un achat en une seule fois.

HANetf Future of Defence (NATO) : défense et cybersécurité réunies

Le HANetf Future of Defence UCITS ETF réplique l'indice EQM Future of Defence, qui associe les systèmes d'armes traditionnels aux acteurs de la cybersécurité des pays de l'OTAN et alliés. Lancé le 3 juillet 2023, il fonctionne en réplication physique et capitalise ses dividendes.

Caractéristiques de l'ETF 
📋 Nom du fonds / tickerHANetf Future of Defence UCITS ETF / NATO
🔖 ISINIE000OJ5TQP4
📈 Performance 1 an+16,17 %
💰 DistributionCapitalisant
💲 TER0,49 % par an
📉 Volatilité 1 an20,94 %
💼 Encours2 786 M€

Avec 60 lignes et un top 10 limité à 46,33 %, c'est le portefeuille le moins concentré des trois fonds mondiaux. On y trouve Rheinmetall (5,62 %), BAE Systems (5,24 %), Safran (5,17 %), Lockheed Martin (4,71 %) mais aussi Cisco, Fortinet et CrowdStrike.

Performance du HANetf Future of Defence UCITS ETF (NATO)

Cette composition explique son profil : 69,94 % d'industrie et 24,74 % de technologie, contre 5,29 % pour le VanEck. La cyberdéfense étant devenue un poste budgétaire à part entière dans les programmes de l'OTAN, cette exposition technologique justifie son avance de performance sur douze mois (+16,17 %).

C'est aussi celui qui affiche, avec l'iShares, la volatilité la plus faible du comparatif : 20,94 %. La diversification sectorielle amortit une partie des chocs propres au cycle des commandes militaires.

iShares Global Aerospace & Defence (DFND) : l'aérospatiale mondiale

L'iShares Global Aerospace & Defence UCITS ETF réplique le S&P Developed BMI Select Aerospace & Defense 35/20 Capped, centré sur les grands maîtres d'œuvre aéronautiques. Il a démarré le 1er février 2024 et capitalise ses dividendes.

Caractéristiques de l'ETF 
📋 Nom du fonds / tickeriShares Global Aerospace & Defence UCITS ETF / DFND
🔖 ISINIE000U9ODG19
📈 Performance 1 an+11,72 %
💰 DistributionCapitalisant
💲 TER0,35 % par an
📉 Volatilité 1 an20,37 %
💼 Encours1 593 M€

Ses 79 positions en font le plus diversifié du comparatif, même si le top 10 concentre encore 60,58 % de l'actif : RTX (8,51 %), GE Aerospace (7,85 %), Rolls-Royce (7,47 %), Boeing (7,45 %) et Airbus (6,58 %).

Performance de l'iShares Global Aerospace & Defence UCITS ETF (DFND)

L'exposition est mondiale mais très américaine (62,28 %), suivie du Royaume-Uni (12,33 %), des Pays-Bas (6,58 %) et de la France (6,56 %). Le secteur industriel pèse 97,40 % : c'est le fonds le plus « pur » aérospatiale, sans dilution technologique.

Conséquence à connaître : le portefeuille suit autant le cycle de l'aviation civile que celui des budgets militaires. GE Aerospace, Rolls-Royce, Boeing et Airbus réalisent une part importante de leur chiffre d'affaires sur les moteurs et avions commerciaux, ce qui atténue la sensibilité aux dépenses de défense — un avantage ou un inconvénient selon la thèse d'investissement.

BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense (GUARD) : le seul éligible au PEA

Le BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense UCITS ETF réplique l'indice Bloomberg Europe Defense Select. Lancé le 19 mai 2025 et domicilié au Luxembourg, il est le seul ETF défense logeable dans un PEA, ce qui en fait un cas à part dans ce comparatif.

Caractéristiques de l'ETF 
📋 Nom du fonds / tickerBNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense / GUARD
🔖 ISINLU3047998896
📈 Performance 1 an+5,80 %
💰 DistributionCapitalisant
💲 TER0,23 % par an
📉 Volatilité 1 an26,80 %
💼 Encours532 M€

Son portefeuille de 34 lignes est mené par Safran (13,26 %), Airbus (12,95 %), Rolls-Royce (11,02 %), Rheinmetall (10,17 %) et MTU Aero Engines (7,31 %). La France y est le premier pays avec 24,88 %, devant l'Allemagne (21,73 %) et le Royaume-Uni (18,29 %).

C'est cette structure qui fait la différence fiscale : en contenant l'exposition britannique sous les 25 % réglementaires, l'indice reste au-dessus du seuil de 75 % de titres de l'Espace économique européen exigé pour le PEA. Le détail du mécanisme est expliqué dans la section suivante.

Ses deux limites tiennent à sa jeunesse : un encours de 532 M€, le plus faible du comparatif, et quinze mois d'historique seulement. À ce niveau d'actifs le risque de fermeture reste faible — le seuil de rentabilité usuel d'un ETF se situe autour de 100 M€ — mais la profondeur de carnet est inférieure à celle du VanEck.

Performance de l'ETF BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense (GUARD)

Amundi Stoxx Europe Defense : l'alternative européenne d'Amundi

L'Amundi Stoxx Europe Defense UCITS ETF réplique le STOXX Europe Total Market Defense Capped Index. Lancé le 12 mai 2025 et domicilié au Luxembourg, il capitalise ses revenus et affiche 549 M€ d'encours.

Caractéristiques de l'ETF 
📋 Nom du fondsAmundi Stoxx Europe Defense UCITS ETF Acc
🔖 ISINLU3038520774
📈 Performance 1 an+4,47 %
💰 DistributionCapitalisant
💲 TER0,35 % par an
📉 Volatilité 1 an27,04 %
💼 Encours549 M€

Avec 24 lignes seulement, c'est le portefeuille le plus concentré du comparatif : le top 10 y pèse 87,30 %, mené par Airbus (11,27 %), Rolls-Royce (10,61 %), Safran (10,52 %), BAE Systems (9,89 %) et Thales (9,68 %). L'industrie représente 99,29 % de l'exposition.

Attention à un piège fréquent : malgré son émetteur français et son périmètre européen, ce fonds n'est pas éligible au PEA. Amundi l'indique explicitement sur sa fiche produit, la part britannique de 26,15 % dépassant le plafond de 25 % hors Espace économique européen.

En contrepartie, il est référencé dans 47 contrats d'assurance-vie selon l'émetteur, ce qui en fait une porte d'entrée pertinente pour qui veut exposer une unité de compte au thème de la défense. Les autres fonds de la gamme sont détaillés dans notre sélection des meilleurs ETF d'Amundi.

Un ETF défense est-il éligible au PEA ?

C'est la question qui départage réellement les ETF défense pour un épargnant français, et la réponse est presque toujours non. Un seul des six fonds comparés passe le filtre du PEA.

Le plan d'épargne en actions n'accepte que les fonds investis à au moins 75 % en titres de sociétés ayant leur siège dans l'Union européenne ou dans l'Espace économique européen. Les ETF défense mondiaux échouent tous à ce test : les États-Unis pèsent 48,77 % du VanEck, 58,75 % du HANetf et 62,28 % de l'iShares.

Plus contre-intuitif, deux des trois ETF défense européens du comparatif sont eux aussi écartés. Le Royaume-Uni n'appartient plus à l'Espace économique européen depuis le Brexit, et son poids dépasse le plafond de 25 % chez le WisdomTree (25,84 %) comme chez l'Amundi (26,15 %).

Le BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense limite cette exposition britannique à 18,29 % et reste donc logeable en PEA. C'est un avantage fiscal concret : après cinq ans de détention, les gains sortent exonérés d'impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % restant dus.

Part hors Espace économique européen des ETF défense et plafond PEA

Les cinq autres fonds se logent dans un compte-titres ordinaire, où les plus-values et dividendes relèvent du prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux), sauf option pour le barème progressif. Notre guide sur la fiscalité des ETF en France détaille les deux régimes.

Profitez du PEA pour investir dans la défense

Parmi les six ETF de cette sélection, GUARD est le choix à regarder en priorité pour rester dans un PEA. EasyBourse propose précisément cet ETF parmi sa gamme de trackers éligibles.

Investir dans la défense avec un PEA

Comment choisir un ETF défense ? Les 5 critères qui comptent

Au-delà de l'enveloppe fiscale, cinq critères suffisent à désigner le meilleur ETF défense pour votre profil parmi les six fonds retenus.

  • Le TER : il court de 0,23 % à 0,55 % par an, soit un écart de 32 € annuels sur 10 000 € investis. Sur une thématique aussi volatile, ce n'est pas le critère décisif, mais il se cumule.
  • L'encours : au-dessus de 100 M€, le risque de fermeture du fonds devient marginal. Les six candidats dépassent ce seuil, du VanEck (6 145 M€) au BNP Paribas Easy (532 M€).
  • L'exposition géographique : elle détermine à la fois l'éligibilité au PEA et la nature du pari. Un fonds à 62 % américain suit le budget du Pentagone ; un fonds européen suit celui de l'OTAN et de la Commission.
  • La concentration : de 24 lignes chez Amundi à 79 chez iShares. Plus le portefeuille est resserré, plus la performance dépend de deux ou trois titres.
  • La place de la technologie : de 0,71 % chez Amundi à 24,74 % chez HANetf. Elle décide si vous achetez de l'acier ou de la cyberdéfense.

Tous les fonds du comparatif sont capitalisants et à réplication physique complète : aucun ne verse de dividende et aucun n'utilise de swap. Si le sujet du mode de réplication vous intéresse, nous l'avons traité dans notre article sur la réplication physique ou synthétique d'un ETF.

Pourquoi investir dans un ETF défense ?

L'industrie de la défense fabrique des équipements aérospatiaux et militaires pour des clients presque exclusivement étatiques. Cette particularité — une demande qui dépend du budget public plutôt que du cycle de consommation — explique l'essentiel de l'intérêt du secteur, et de ses limites.

Industrie de la défense face au S&P 500 depuis 2022

Des dépenses militaires en hausse pour la onzième année consécutive

Les dépenses militaires mondiales ont atteint 2 887 milliards de dollars en 2025, en progression de 2,9 % sur un an et pour la onzième année consécutive, selon la base de données du SIPRI publiée en avril 2026. Aucun autre secteur ne bénéficie d'une visibilité de commande comparable.

Cette continuité est structurelle : les États entretiennent et modernisent leurs forces armées même en récession, et les contrats d'armement s'étalent sur des décennies avec des clauses d'indexation. C'est ce qui a permis au secteur de mieux résister que le S&P 500 pendant la correction de 2022, comme le montre le graphique ci-dessus.

Le graphique suivant illustre l'ampleur du déséquilibre : les États-Unis dépensent à eux seuls davantage en défense que les dix pays suivants réunis.

Budget de la défense des États-Unis face aux dix pays suivants

L'engagement de l'OTAN à 5 % du PIB d'ici 2035

Le sommet de La Haye des 24 et 25 juin 2025 a acté un objectif inédit : 5 % du PIB consacrés à la défense d'ici 2035, répartis entre 3,5 % de dépenses militaires de base et 1,5 % d'infrastructures et de sécurité associées. L'ancien objectif de 2 % du PIB est désormais atteint par tous les membres.

L'ordre de grandeur donne la mesure du flux de commandes à venir. Pour les seuls pays de l'Union européenne, atteindre 3,5 % du PIB représenterait environ 944 milliards de dollars annuels, contre un peu plus de 360 milliards en 2024.

Ces montants alimentent directement les carnets de commandes des industriels européens présents dans les indices du WisdomTree, du BNP Paribas Easy et de l'Amundi : Rheinmetall, Thales, Leonardo, Safran, BAE Systems, Saab.

Le plan européen ReArm Europe et l'instrument SAFE

La Commission européenne a lancé en mars 2025 le plan ReArm Europe, rebaptisé « Préparation à l'horizon 2030 », qui vise à mobiliser jusqu'à 800 milliards d'euros d'ici 2030. Son bras financier, l'instrument SAFE adopté en mai 2025, met 150 milliards d'euros de prêts à disposition des États membres.

SAFE finance en priorité des acquisitions conjointes — drones, défense sol-air, munitions, intelligence artificielle appliquée — avec une règle de contenu européen qui oriente la commande vers les industriels du continent. C'est le principal argument des trois ETF européens du comparatif.

Investissement privé dans la défense en Europe et aux États-Unis

La convergence entre défense et technologies de rupture

La part des budgets consacrée à la science, à la technologie et à l'intelligence artificielle progresse plus vite que celle des équipements traditionnels.

Le programme américain JADC2 en est l'illustration : il vise à interconnecter capteurs, renseignement et systèmes d'armes sur les cinq domaines terre, mer, air, espace et cyberespace.

Cette bascule profite à des sociétés qui ne sont pas des industriels de l'armement au sens classique. Microsoft fournit l'infrastructure cloud du département de la Défense, et NVIDIA les processeurs qui font tourner les modèles embarqués.

Seul le HANetf Future of Defence traduit vraiment cette convergence dans son portefeuille, avec 24,74 % de technologie et des positions en cybersécurité comme Fortinet et CrowdStrike. Les cinq autres fonds restent des paris industriels, entre 83 % et 99 % d'exposition au secteur industriel.

Le graphique de la répartition du budget américain montre où va l'argent : exploitation et maintenance (environ 40 %), approvisionnement (environ 20 %), puis recherche-développement, personnel militaire et construction.

Répartition du budget de la défense des États-Unis par poste

Ce webinaire Rankia explique comment lire l'actualité économique et géopolitique pour adapter une stratégie d'investissement, un exercice particulièrement utile sur une thématique aussi sensible aux décisions publiques que la défense.

Quels sont les risques d'un ETF défense ?

Le secteur a triplé de valeur en trois ans, et cette performance est elle-même devenue un facteur de risque. Voici les cinq points à peser avant d'investir.

  • Valorisations tendues après le rallye : l'indice MarketVector Global Defense affiche +139,09 % sur trois ans mais −10,70 % sur le seul dernier mois. Un point d'entrée après une hausse de cette ampleur expose à une correction durable.
  • Dépendance à la commande publique : un arbitrage budgétaire, un changement de majorité ou un décalage de programme suffisent à repousser des contrats de plusieurs trimestres.
  • Concentration extrême : de 24 à 79 lignes selon le fonds, avec des top 10 pesant de 46 % à 87 %. La chute d'un seul titre se répercute directement sur la valeur liquidative.
  • Chaîne d'approvisionnement et main-d'œuvre : les contraintes de production et les pénuries de compétences pèsent sur les marges, en particulier dans les contrats à prix fixe signés avant l'inflation.
  • Exclusion des filtres ESG : de nombreux fonds et mandats institutionnels excluent l'armement, ce qui limite la base d'acheteurs et peut accentuer les mouvements de marché.

À ces risques s'ajoute le risque de change pour trois des six fonds : le VanEck, le HANetf et l'iShares sont libellés en dollar, sans couverture. Un euro qui s'apprécie ampute la performance ramenée en euros.

Quelles entreprises composent les ETF défense ?

L'univers investissable est étroit : selon l'indice retenu, on compte entre 24 et 79 sociétés. La géographie du secteur explique l'essentiel des écarts entre les six fonds.

Aux États-Unis dominent les grands maîtres d'œuvre — RTX, Lockheed Martin, Northrop Grumman, General Dynamics, Boeing, GE Aerospace — auxquels s'ajoutent Palantir et les acteurs de la cybersécurité. En Europe, six noms reviennent dans tous les indices européens : Airbus, Safran, Thales, Rheinmetall, Leonardo et BAE Systems.

Trois autres pays complètent la carte : le Royaume-Uni avec Rolls-Royce et Babcock, la Suède avec Saab, la Norvège avec Kongsberg Gruppen. Israël (Elbit Systems) et la Corée du Sud (Hanwha Aerospace) n'apparaissent que dans les indices mondiaux, notamment celui du VanEck.

Les plus grandes entreprises de défense au monde par capitalisation

Le poids de chaque pays dans l'indice mondial de référence est repris ci-dessous.

Poids de chaque pays dans l'indice mondial de la défense

Faut-il investir dans la défense maintenant ?

Deux réalités doivent être rappelées avant de se positionner : les marchés sont cycliques, et plus un indice est concentré, moins ses rendements sont prévisibles. Les ETF défense cumulent les deux caractéristiques.

Les indices de niche présentent une dispersion de rendements glissants bien plus large que celle d'un ACWI ou d'un S&P 500. Le point d'entrée y pèse beaucoup plus lourd dans le résultat final, alors qu'il s'estompe à long terme sur un indice large.

Les chiffres actuels illustrent le propos. Le secteur affiche +139 % sur trois ans, mais +4,4 % sur un an et −10,7 % sur un mois : un investisseur entré début 2026 est aujourd'hui en territoire négatif, quand celui de 2023 a plus que doublé son capital.

Dans le cas de la défense, le cycle n'est d'ailleurs pas économique mais politique. Il dépend de l'évolution des politiques publiques et de la volonté des gouvernements, ce qui ajoute une couche d'incertitude que ni les résultats trimestriels ni les indicateurs macroéconomiques ne permettent d'anticiper.

Notre lecture : ces fonds ne constituent pas le cœur d'un portefeuille indexé de long terme. Ils prennent leur sens dans une poche satellite de 5 % à 10 % maximum, en rotation sectorielle ou en réponse à un contexte géopolitique précis.

Pour la partie cœur, mieux vaut un indice large : notre comparatif des meilleurs ETF pour investir couvre cette brique.

En résumé, six ETF UCITS suffisent à couvrir la thématique depuis la France, et le choix se joue sur deux arbitrages. L'enveloppe fiscale d'abord, où le BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense (GUARD) est la seule option PEA, à 0,23 % de TER. Le périmètre ensuite, entre un pari mondial très américain et un pari européen sur le réarmement.

Pour un premier positionnement, le HANetf Future of Defence offre le meilleur compromis entre diversification et exposition à la cyberdéfense, tandis que le VanEck Defense reste la référence de liquidité. Mais quel que soit le véhicule retenu, le dimensionnement compte davantage que le choix du fonds sur une thématique qui a triplé en trois ans.

BNP Paribas
Trade Republic

Questions fréquentes sur les ETF défense

Avertissements :

Tout investissement en valeurs mobilières ou autres instruments financiers comporte un risque de perte en capital. Les prévisions et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Il est essentiel de réaliser votre propre analyse avant tout investissement. Le cas échéant, il est recommandé de consulter un conseiller financier indépendant et certifié. L’accès à un instrument financier donné est subordonné à une évaluation d’adéquation.

XTB : Les CFD sont des instruments complexes et comportent un risque élévé de perte en capital en raison de l’effet de levier. 75% des comptes d’investisseurs particuliers perdent de l’argent en négociant des CFD avec ce fournisseur. Veuillez vous assurer que vous comprenez le fonctionnement des CFD et que vous pouvez vous permettre de prendre le risque élevé de perdre de l’argent.