Prochaine réunion de la Fed : calendrier FOMC 2026 et perspectives de taux

Sommaire
La réunion de juillet de la Réserve fédérale a pu sembler anodine au premier abord, mais la décision prise a clairement révélé les tensions d'une nouvelle ère.
L’unité du comité s’est effritée, tandis que Kevin Warsh a confirmé un changement de communication qui accroît l’incertitude sur les marchés. La réunion portait davantage sur l'équilibre des pouvoirs au sein de la Fed et l'incertitude des mois à venir que sur la décision relative aux taux d'intérêt elle-même.
La réunion de la Fed de juillet 2026 en bref :
- La Fed a laissé son taux d'intérêt directeur inchangé, dans la fourchette de 3,5 % à 3,75 % .
- La décision n’a été adoptée que par neuf voix contre trois : trois banquiers centraux ont soutenu une augmentation de 25 points de base.
- Aucun nouveau graphique à points n'a été publié lors de la réunion de juillet, l'attention se portera donc sur la décision relative aux taux d'intérêt en septembre et sur les nouvelles prévisions qui seront publiées à ce moment-là.
- Warsh n'a toujours pas fourni d'indications claires quant à l'avenir, mais a souligné que la Fed est prête à agir si nécessaire.
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Calendrier des réunions de la Fed en 2026
La Réserve fédérale se réunit huit fois par an, à un intervalle d'environ six semaines. Voici le calendrier complet des réunions du FOMC pour 2026.
- 27-28 janvier 2026 ✅
- 17-18 mars 2026 ✅ (projections économiques + dot plot)
- 28-29 avril 2026 ✅
- 16-17 juin 2026 ✅ (projections + dot plot ; entrée en fonction de Warsh, médiane relevée à 3,8 %, vote 12-0)
- 28-29 juillet 2026 ✅ ← (taux maintenus à 3,50 %-3,75 %, vote 9-3, sans nouvelles projections)
- 15-16 septembre 2026 ← prochaine réunion (projections + dot plot)
- 27-28 octobre 2026
- 8-9 décembre 2026 (projections + dot plot)
La décision de taux est annoncée le second jour de la réunion à 14h00, heure de l’Est, soit 20h00 à Paris. Elle est suivie à 14h30, soit 20h30 à Paris, d’une conférence de presse du président de la Fed.
Si les politiques des banques centrales vous intéressent, consultez aussi notre calendrier pour la prochaine réunion de la BCE.
5e réunion de 2026 : la Fed maintient ses taux, mais les divisions s’accentuent
La réunion du FOMC des 28 et 29 juillet 2026 n’a finalement pas débouché sur une nouvelle hausse des taux. La Réserve fédérale a maintenu son taux directeur dans une fourchette comprise entre 3,50 % et 3,75 %, prolongeant ainsi le statu quo décidé lors de la réunion de juin.
La décision elle-même n’a pas constitué une rupture majeure. En revanche, le résultat du vote a mis en évidence des divisions croissantes au sein du comité : la décision a été adoptée par neuf voix contre trois. Beth Hammack, Neel Kashkari et Lorie Logan ont voté en faveur d’une hausse de 25 points de base.
Ce durcissement ne vient pas de nulle part. Dès la réunion d’avril, Beth Hammack, Neel Kashkari et Lorie Logan avaient approuvé le maintien des taux, mais refusé le biais accommodant inclus dans le communiqué. En juillet, ils sont allés plus loin en votant directement pour une hausse de 25 points de base.
Des taux inchangés, mais un camp restrictif qui se renforce
Ce vote contraste nettement avec la réunion de juin, au cours de laquelle les douze membres votants avaient soutenu le maintien des taux. En l’espace de six semaines, trois responsables de la Fed ont donc estimé qu’une nouvelle hausse était devenue nécessaire.
Cette évolution montre que le débat ne porte plus réellement sur la possibilité d’un assouplissement rapide. Une partie du FOMC considère désormais que la politique monétaire n’est peut-être pas suffisamment restrictive pour ramener durablement l’inflation vers l’objectif de 2 %.

Des données économiques qui envoient des signaux contrastés
Les dernières statistiques publiées avant la réunion ne donnaient pas de direction totalement évidente à la Fed.
En juin, l’indice des prix à la consommation a reculé de 0,4 % sur un mois, principalement grâce à la baisse des prix de l’essence. Sur un an, l’inflation restait néanmoins élevée, à 3,5 %. L’inflation sous-jacente, qui exclut l’alimentation et l’énergie, s’établissait quant à elle à 2,6 % sur un an.
Le marché du travail a également ralenti sans véritablement s’effondrer. L’économie américaine n’a créé que 57 000 emplois non agricoles en juin, tandis que le taux de chômage est resté relativement stable à 4,2 %. Ces chiffres donnent à la Fed une raison de patienter, mais ils ne suffisent pas encore à justifier un assouplissement face à une inflation toujours supérieure à l’objectif.
La décision de juillet apparaît donc comme un compromis : maintenir les taux pour ne pas fragiliser davantage le marché du travail, tout en laissant clairement ouverte la possibilité d’un nouveau resserrement si l’inflation repart à la hausse.
Warsh confirme sa nouvelle méthode de communication
Kevin Warsh a également confirmé sa volonté de modifier la manière dont la Réserve fédérale communique avec les marchés.
Contrairement à ce qui était indiqué avant la réunion, une conférence de presse a bien eu lieu le 29 juillet. En revanche, aucun nouveau dot plot ni aucune nouvelle projection économique n’ont été publiés, puisque la réunion de juillet ne faisait pas partie des quatre réunions trimestrielles accompagnées de nouvelles prévisions.
Lors de son intervention, Warsh a expliqué que le communiqué devait se limiter aux faits et éviter de fournir des prévisions trop précises dans un environnement incertain. La Fed cherche ainsi à réduire la forward guidance et à laisser les marchés réagir davantage aux données économiques plutôt qu’aux indications données à l’avance par la banque centrale.
Cette communication est moins prévisible que celle de Jerome Powell. Warsh n’a pas voulu indiquer quelle décision serait prise en septembre, mais il a réaffirmé que le FOMC n’hésiterait pas à agir si la situation l’exigeait.
Il a surtout insisté sur le maintien de l’objectif d’inflation à 2 %, écartant l’idée d’un objectif implicite plus élevé. Son message a été particulièrement ferme :
« Cette Fed ne fléchira pas. »
Autrement dit, le maintien des taux en juillet ne doit pas être interprété comme un abandon de la lutte contre l’inflation.
Septembre pourrait constituer le prochain tournant
La prochaine réunion de la Fed se déroulera les 15 et 16 septembre 2026. Elle sera particulièrement importante, car le FOMC publiera de nouvelles projections économiques ainsi qu’un nouveau dot plot présentant les anticipations de taux de ses membres.
Si l’inflation recommence à accélérer et que le marché du travail résiste, une hausse de 25 points de base pourrait de nouveau être envisagée. À l’inverse, un ralentissement plus marqué de l’emploi ou une poursuite de la désinflation permettrait à la Fed de maintenir ses taux plus longtemps.
La réunion de juillet n’a donc pas marqué un changement officiel de politique monétaire. Elle a néanmoins révélé une évolution importante de l’équilibre interne du FOMC : le camp favorable à une hausse des taux se renforce, tandis que Kevin Warsh continue de réduire les indications fournies aux marchés.
La Fed n’a pas relevé ses taux, mais elle a clairement fait comprendre que cette option restait sur la table pour septembre.

Au fond, la réunion de juillet n’a pas été la plus spectaculaire de l’année, mais elle a permis de mieux comprendre la nouvelle Fed de Kevin Warsh : une banque centrale moins encline à guider les marchés, davantage dépendante des données et désormais plus divisée sur la nécessité de relever les taux.
Pour comprendre cette évolution, il faut revenir à la réunion précédente, organisée en juin.
4e réunion de 2026 : compte rendu du 17 juin
La première réunion de Kevin Warsh à la tête du FOMC s’est conclue le 17 juin 2026 par le maintien des taux directeurs dans une fourchette comprise entre 3,50 % et 3,75 %. Sur ce point, la décision n’a pas surpris les marchés.
En revanche, le nouveau dot plot, le ton adopté par le président de la Fed et l’abandon de la forward guidance ont confirmé un changement de méthode : une Réserve fédérale moins accommodante, moins prévisible et plus attentive au risque inflationniste.
Un vote unanime de 12 voix contre 0
Les douze membres votants du FOMC ont approuvé le maintien des taux, sans aucune dissidence. Ce résultat contrastait avec la réunion d’avril, au cours de laquelle Stephen Miran avait préféré une baisse de 25 points de base. Beth Hammack, Neel Kashkari et Lorie Logan avaient quant à eux accepté le maintien des taux, mais s’étaient opposés au biais accommodant contenu dans le communiqué.
Cette unanimité renforçait le message envoyé par Warsh lors de sa première réunion : malgré les débats internes sur la trajectoire future des taux, l’ensemble du comité restait déterminé à ramener l’inflation vers l’objectif de 2 %.
La réunion de juillet a toutefois montré que cette unité était fragile. Six semaines plus tard, trois membres ont en effet voté en faveur d’une hausse des taux.
Le dot plot devient nettement plus restrictif
Le principal changement de la réunion de juin est venu du graphique à points présentant les projections individuelles des membres du FOMC.
En mars, la projection médiane indiquait encore un taux directeur de 3,4 % à la fin de 2026. En juin, cette médiane est remontée à 3,8 %, ce qui correspondait à environ une hausse de 25 points de base par rapport à la fourchette alors en vigueur.
Parmi les 18 responsables ayant remis des projections, neuf envisageaient au moins une hausse des taux avant la fin de l’année. Un seul participant anticipait au contraire un taux inférieur à son niveau actuel. La projection médiane de long terme restait proche de 3,1 %.
Ce changement ne constituait pas une promesse de hausse. Il montrait néanmoins que les membres du FOMC étaient devenus beaucoup plus préoccupés par la persistance de l’inflation.
Warsh ne soumet aucune projection personnelle
Le geste le plus symbolique de la réunion est venu de Kevin Warsh lui-même. Le nouveau président de la Fed a choisi de ne soumettre aucune projection économique personnelle, y compris aucun point dans le dot plot.
« Je n’ai pas soumis de point. Pour moi, cela n’est pas utile à la conduite de la politique monétaire. »
Warsh a toutefois encouragé les autres membres du FOMC à continuer de participer à l’exercice. Son refus traduisait surtout ses réserves concernant la manière dont les marchés interprètent le dot plot, parfois comme un engagement ferme alors qu’il ne représente que les anticipations individuelles des responsables de la Fed.
Cette décision correspond à sa volonté de réduire la forward guidance : moins de prévisions présentées comme certaines, moins d’engagements publics sur les décisions futures et davantage de flexibilité pour réagir aux données économiques.
Cinq groupes de travail pour transformer la Fed
Warsh a également annoncé la création de cinq groupes de travail consacrés :
- à la communication de la Fed ;
- à son bilan ;
- à l’utilisation de nouvelles sources de données ;
- à la productivité et à l’emploi dans une économie transformée notamment par l’intelligence artificielle ;
- au cadre utilisé pour analyser et combattre l’inflation.
Ces groupes doivent examiner les pratiques actuelles de la banque centrale et proposer d’éventuelles réformes. Le groupe consacré à la communication pourrait notamment recommander des changements concernant le dot plot, les projections économiques et les conférences de presse.
Un communiqué plus court, mais plus ferme
Kevin Warsh a également voulu modifier immédiatement la forme du communiqué publié par la Fed :
« Il est un peu plus court, un peu plus simple et abandonne certains termes employés auparavant. »
Le texte de juin supprimait notamment la forward guidance, jugée peu adaptée à un environnement économique particulièrement incertain. Le communiqué se concentrait davantage sur la situation présente et réaffirmait explicitement la détermination du comité à rétablir la stabilité des prix.
La déclaration était donc plus concise que celles publiées sous Jerome Powell, mais pas plus accommodante. Elle envoyait au contraire un message ferme : la Fed ne souhaitait plus laisser entendre qu’un assouplissement monétaire était nécessairement proche.
L’inflation reste le principal problème
Ce changement de ton s’expliquait avant tout par le retour des tensions inflationnistes.
En mai, l’indice américain des prix à la consommation avait progressé de 4,2 % sur un an, contre 3,8 % en avril. L’énergie avait augmenté de 23,5 % sur un an et représentait une grande partie de l’accélération récente des prix. L’inflation sous-jacente, hors alimentation et énergie, s’élevait à 2,9 %.
Les projections de la Fed avaient également été révisées à la hausse. Le FOMC anticipait désormais une inflation PCE de 3,6 % en 2026, contre 2,7 % dans ses prévisions de mars. Pour l’inflation PCE sous-jacente, la médiane était passée de 2,7 % à 3,3 %.
Warsh a alors réaffirmé que l’objectif d’inflation de 2 % ne serait pas remis en question :
« Le deux se trouve à gauche de la virgule. Pour l’instant, le zéro se trouve à droite. »
Autrement dit, tant que l’inflation ne reviendra pas durablement vers 2 %, la Fed disposera de peu de marge pour assouplir sa politique monétaire.
Une réaction négative des marchés
La réaction des marchés a été immédiate. Le S&P 500 a terminé la séance en baisse d’environ 1,2 %, tandis que le Nasdaq a perdu près de 1,3 %.
Sur le marché obligataire, le rendement des bons du Trésor américain à deux ans a progressé d’environ 11 points de base, à 4,16 %. Le rendement à dix ans est remonté autour de 4,46 %. Ces mouvements traduisaient une réévaluation de la probabilité de voir les taux rester élevés, voire augmenter avant la fin de l’année.
Concrètement, la réunion du 17 juin n’a pas modifié les taux, mais elle a profondément changé le message de la banque centrale. Warsh n’a pas seulement pris la tête de la Fed : il a commencé à imposer sa méthode.
Kevin Warsh : faucon ou colombe ?
Le positionnement de Kevin Warsh reste difficile à résumer par la simple opposition entre « faucon » et « colombe ».
Son insistance sur la stabilité des prix, son rejet de la forward guidance et sa volonté de réduire certaines interventions de la banque centrale le rapprochent plutôt du camp restrictif. Il considère que la Fed doit avant tout préserver sa crédibilité en ramenant l’inflation vers 2 %.
Warsh estime néanmoins que les gains de productivité associés aux nouvelles technologies et à l’intelligence artificielle pourraient soutenir la croissance sans nécessairement provoquer davantage d’inflation. À plus long terme, une accélération durable de la productivité pourrait donc permettre à la Fed de maintenir des taux moins restrictifs.
Dans l’environnement actuel, cette possibilité reste toutefois secondaire. Avec une inflation encore largement supérieure à l’objectif, Kevin Warsh dispose de peu de marge pour défendre un assouplissement monétaire rapide.
La réunion de juin avait donc révélé une Fed plus restrictive que prévu. Celle de juillet a confirmé cette orientation tout en faisant apparaître une division supplémentaire : plusieurs membres du FOMC ne veulent désormais plus seulement maintenir les taux, mais envisagent de les relever.
Que se passe-t-il quand la Fed relève ses taux ?
Quand la Fed augmente les taux d'intérêt ou réduit la liquidité pour maîtriser les prix, l'économie ralentit : l'emprunt devient plus coûteux, ce qui pèse sur la demande globale et la consommation.

La baisse de liquidité affecte aussi la Bourse : moins de ressources disponibles pour investir, donc une pression à la baisse sur les actions. L'effet peut être atténué lorsque le marché a déjà « intégré » la hausse anticipée par la Fed.
En période d'incertitude, après une hausse de taux, se tourner vers des actions défensives ou des valeurs refuges comme l'investissement dans l'or peut constituer une stratégie de protection.
Que se passe-t-il quand la Fed baisse ses taux ?
À l'inverse, quand la Réserve fédérale abaisse les taux d'intérêt, elle recherche l'effet inverse d'une hausse. Ses principales conséquences sont les suivantes :
- Stimulation économique : des emprunts moins chers encouragent entreprises et ménages à investir et à consommer.
- Hausse de la consommation : les ménages sont plus enclins aux achats importants, comme un logement ou une automobile.
- Effet positif sur la Bourse : baisse des coûts de financement et meilleures perspectives de bénéfices soutiennent les cours des actions.
- Dépréciation de la monnaie : les capitaux cherchent des rendements ailleurs, ce qui peut affaiblir la devise nationale.
- Risque d'inflation : une demande stimulée peut faire remonter les prix si l'offre ne suit pas.
Comprendre ces mécanismes aide à décider comment investir en bourse selon l'orientation des taux.
Qu'est-ce que le FOMC ?
Pour comprendre ce qui se joue lors des réunions de la Réserve fédérale (Fed), quatre notions clés sont utiles :
- FOMC : le Comité fédéral de l'open market. Composé de 12 membres votants, il définit la politique monétaire et se réunit huit fois par an, environ toutes les six semaines, à Washington.
- Comptes rendus (minutes) : un résumé détaillé des échanges, publié trois semaines après chaque réunion.
- Livre beige : un ensemble de données conjoncturelles publié environ deux semaines avant la réunion.
- Dot plot : le graphique à points, publié après quatre réunions par an, qui reflète l'anticipation de chaque membre sur la trajectoire des taux. Il a été introduit en janvier 2012, sous Ben Bernanke.
En résumé, la prochaine réunion de la Fed des 28 et 29 juillet 2026 marque une étape clé du virage restrictif amorcé par Kevin Warsh en juin : pas de dot plot, une inflation à 4,2 % et un marché qui anticipe désormais une hausse plutôt qu'une baisse des taux.
Pour l'investisseur, l'enjeu n'est pas tant la décision de juillet que le message envoyé. Surveiller l'IPC, la réunion à projections de septembre et la trajectoire des taux reste la meilleure façon d'ajuster son portefeuille dans un environnement de taux durablement élevés.
Questions fréquentes sur la Fed
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